Les pucerons : des piqueurs suceurs

Les pucerons : des piqueurs suceurs

Nous connaissons environ 700 espèces de pucerons en France, ils sont tous phytophages, par conséquent des ravageurs à prendre au sérieux !

Trèfle Vert vous dit tout sur les pucerons :


Le développement des pucerons

Il dépend de plusieurs facteurs, notamment de la météo et de la qualité nutritive de la plante hôte.
La météo : les conditions idéales pour un bon développement des pucerons se situent entre 15°C et 30°C, avec un vent calme (à savoir qu’une température supérieure à 30°C est souvent létale).

Lorsque la température est inférieure à 18°C, le vent supérieur à 9 km/heure et l’hygrométrie supérieure à 70 %, il n’y a quasiment plus d’envol, donc de propagation.

Description de l'insecte

Le puceron forme un groupe important parmi les insectes, il est très commun. Un corps mou de 1 à 4 mm, de couleurs variées : vert, jaune, noir, gris, mauve, rose, rouge. Certains sécrètent une cire blanche qui recouvre la colonie d’une masse duveteuse, alors on parle de pucerons lanigères.

Leur nourriture 

Les pucerons se nourrissent exclusivement aux dépens des plantes. Ils piquent les tissus du végétal et consomment la sève élaborée dans les vaisseaux.

Les conséquences sur les plantes

Ces piqûres engendrent une réaction de la plante, par exemple des rameaux difformes, des feuilles recroquevillées, entre- nœuds courts, avortement de la floraison, fruits bosselés, chancres (pucerons lanigères), galles faisant office d’abris larvaires, etc...
La transmission des virus des végétaux aux végétaux, se fait souvent par des insectes. Par ses piqûres le puceron occupe une place de leader : Virus de la mosaïque, Tristeza des agrumes, Jaunisse de la betterave, entre autres.

La sève élaborée étant très riche en sucre, le puceron en absorbe une grande quantité, le surplus non assimilé est éliminé par l’anus et constitue le miellat (la présence de fourmis sur une plante est souvent un indicateur de présence de pucerons, car les fourmis élèvent les pucerons pour pouvoir en consommer le miellat). Le miellat en lui-même ne présente pas de risque, mais il favorise le développement d’un champignon noir comme de la suie, la fumagine.

Le saviez-vous ?

Il existe des miels de miellat ! En général l’abeille butine le nectar des fleurs et le transforme en miel après de nombreuses étapes. Dans le cas d’un miel de sapins, très apprécié dans notre région, la matière première récoltée n’est pas du nectar mais le miellat présent sur les branches des sapins (les sapins ne produisant pas de nectar). Cet exsudat est ramené à la ruche par les abeilles et transformé pour devenir du miel de miellat (Miels de miellats de : cistes, chênes, sapins, eucalyptus, myrte etc...).

Comment lutter contre les pucerons ?

En hiver : Ramasser et détruire les feuilles et rameaux se trouvant aux pieds des plantes car les pucerons y déposent leurs oeufs en fin de saison automnale. Utiliser un traitement d’hiver utilisable en agriculture biologique sur les plantes en place. Poser des nichoirs afin d’héberger des oiseaux au printemps, gourmands de pucerons.

En période de pousse (végétative) : bien nourrir vos végétaux avec de l’engrais organique, des apports de compost, d’amendements, afin de rendre la plante forte, ainsi elle résistera et se défendra contre les invasions.
Installer des nichoirs à insectes (à auxiliaires), les coccinelles, les syrphes sont des prédateurs efficaces (possibilité d’acheter des larves en jardinerie).
Planter des plantes hôtes aux pucerons (ex : la capucine) ainsi les pucerons se détourneront des cultures.
Les purins d’orties, de fougères possèdent une efficacité contre les pucerons.
Le savon noir, reste cependant le grand classique !
Bloquer le passage des fourmis sur les troncs, par des bandes de glu, ainsi les fourmis n’élèveront plus les pucerons.
Une augmentation de l’hygrométrie peut également déranger le développement des pucerons.

Dans le cas d’une attaque trop importante, il existe en jardinerie spécialisée, des produits BIOCONTROLES UTILISABLES EN AGRICULTURE BIOLOGIQUE. A l’utilisation il faudra traiter par faible vent, le soir au coucher du soleil de préférence et porter des équipements de protection.

Lexique :

  • Phytophage : qui se nourrit de matières végétales.
  • Létal : qui provoque la mort.
  • Propagation : diffusion, progression,développement,extension.
  • Le miellat : liquide épais et visqueux excrété par des insectes
  • Hygrométrie : taux d’humidité
  • Sève élaborée : contient de l’eau et des sucres synthétisés lors de la photosynthèse, elle est véhiculée vers les organes de la plante ne réalisant pas la photosynthèse. La sève brute ne contient que de l’eau et des minéraux, éléments puisés principalement par les racines dans le sol.
  • Fumagine : maladie cryptogamique

Foerderer Olivier.